Les pères sont-ils des pédophiles en puissance?

Je prends enfin le temps de vous résumer ici mon dernier article paru sur Slate. A la base de cet article, une photographie que j’ai trouvé très belle et très vraie mais qui a non moins subi les affres de la censure de Facebook (essentiellement dans les pays anglos-saxons). Pourquoi? Parce qu’elle montre un enfant sous la douche, nu dans les bras de son père nu. Ça m’a donné l’occasion de m’interroger sur le regard qu’on portait aujourd’hui sur la nudité masculine (et ce, alors même que beaucoup de publicités pas particulièrement polémiques montrent des femmes nues portant des enfants nus dans leurs bras), sur ce que cela disait de notre façon d’envisager la paternité (plus sociale que « instinctive »?) mais aussi sur nos peurs plus ou moins conscientes des violence sexuelles. En recherchant des données précises, j’ai pu mesurer combien il était difficile d’obtenir des chiffres fiables concernant les violences sexuelles sur mineur, mais aussi combien ces chiffres, même partiels, étaient élevés et concernaient très majoritairement des agresseurs masculins. Dès lors on est tenté de se demander quoi faire? Faut-il, pour protéger les enfants, tenir les hommes à l’écart des enfants comme nous le faisons déjà en partie (songez au regard qu’on porte sur un homme qui aide au square un enfant à se relever, songez combien il est plus « normal » pour une mère d’avoir sa place dans les vestiaires des petits garçons pour les aider à se changer lors des séances de piscine scolaire plutôt qu’un père dans les vestiaires des filles)? Ou bien faut-il, sans pour autant oublier ce risque ni le minimiser, agir prioritairement pour lutter contre la culture du viol, les stéréotypes sexistes parentaux et aussi d’une façon plus générale pour le droit de l’enfant au respect?

L’article en intégralité est à lire sur Slate.

 

 

Crédits photo Internet archive Book image/Flickr/Pas de droits d’auteurs connus

(et toutes mes excuses aux loups, qui doivent encore une fois supporter d’endosser la métaphore de la barbarie humaine)

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Protéger les garçons…. en luttant contre le sexisme!

Résumé: 

Aujourd’hui l’écart entre le taux de mortalité des filles et des garçons se creuse dès l’adolescence. En cause, les conduites à risques et autres comportements violents vus comme injonction sociale dans la communauté des jeunes et moyen incontournable de faire la preuve de sa virilité. Dans cet article, je reviens sur les stéréotypes de genre, présents dès le plus jeune âge et qui encouragent les garçons à la démonstration de force et la domination physique. J’évoque aussi les pistes pour sortir de ce cercle vicieux de violence: renouveler les modèles que les pères présentent à leurs fils, soutenir les luttes féministes pour que les hommes prennent une part plus égalitaire dans les tâches ménagères et parentales, mais aussi peut être construire un nouvel accompagnement de l’adolescence et réinventer les rites d’insertion des jeunes dans la communauté.

Le texte intégral de cet article peut être consulté dans le numéro 58 de mai/juin 2016 du magazine Grandir Autrement.

 

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