Voilà comment on accouchait autrefois

Chose promise, chose due. Voilà quelques réflexions plus approfondies sur les drôles d’illustrations que je vous avais montré il y a quelques jours. L’occasion de replacer un peu ces images dans leur contexte, celui d’un livre non scientifique, nourri de rumeurs anthropologiques et très imprégné du mythe colonial du « bon sauvage ». L’occasion aussi de rappeler que l’accouchement « physiologique » tel qu’il peut être défendu aujourd’hui n’a rien à voir avec un accouchement « du passé », l’interventionnisme devant la naissance n’étant pas (du tout) l’apanage de la médecine moderne et des cultures occidentales. Merci encore à 10 lunes, sage-femme que l’on ne présente plus sur le net, pour ses conseils et remarques avisées.

L’article intégral peut être consulté sur Slate.

Crédits photo Internet Book Archive Image via Flickr CC (pas de restriction connue du droit d’auteur)

Publicités

Les mots du jeu

Récemment, le travail sur mon livre m’a conduit à m’intéresser à la question du jeu, des jeux, et à l’activité de jouer, chez les enfants (mais pas uniquement). Ces trois derniers jours ont donc été consacrés à la lecture de deux ouvrages que je ne connaissais pas encore et dont je ne m’attendais pas à ce qu’ils se recoupent de quelque façon que soit, du moins au delà de leur thématique générale. Le temps me manque pour vous en faire une recension complète, je me contenterai donc de vous faire croquer un petit bout de pomme (de la connaissance of course!) en évoquant brièvement la problématique commune de ces deux textes.

WP_20160602_17_22_30_Pro

Continuer la lecture de Les mots du jeu

Aide la reine des Neiges à accoucher

Il y a seulement deux jours, je m’intéressais aux applications de grossesse et aux stéréotypes qu’elles pouvaient renfermer et de clics en clics je suis tombée sur…. ça. Une plateforme de jeux destinées aux enfants anglo-saxons où on peut suivre la grossesse ou l’accouchement (mais aussi la perte de poids ou la neurochirurgie) de la Reine des Neiges (ou de Dora, ou de Anna, ou de .. enfin bref).

Rien de fantastique vu que l’autonomie du joueur est extrêmement limitée, on ne peut que s’acquitter des différentes tâches auxquelles on nous invite. Néanmoins, ça peut donner à réfléchir sur la représentation de l’accouchement qui est promue auprès des jeunes générations…

Continuer la lecture de Aide la reine des Neiges à accoucher

Les enfants non baptisés ont-ils droit au paradis?

Résumé: 

Si aujourd’hui, les parents dont le bébé décède aux alentours de la naissance ont besoin pour faire leur deuil de faire reconnaître sa courte existence par le biais de rites d’insertion sociale tels que l’attribution d’un prénom, l’octroi d’une sépulture et la réalisation d’une cérémonie ; les parents d’hier vivaient dans la terreur que leur enfant décède sans être baptisé et soit alors condamné à errer dans les limbes, un non-lieu destiné aux âmes innocentes mais pourtant marquées du péché originel. Dans cet article, je retrace l’histoire des limbes, de leur création par les théologiens du XIIème siècle à son abrogation officielle, en 2007 seulement, par l’Eglise catholique.

Article à lire en intégralité sur Slate

 Crédits photo

Au tour des pères d’en baver pendant la grossesse

Résumé: 

L’idée commune veut que la grossesse soit d’abord une affaire de femme. Si son suivi médical implique les pères, c’est plus souvent pour prévenir un potentiel désengagement et favoriser le lien d’attachement que par nécessité médicale. Pourtant, il n’en a pas toujours été ainsi (et n’en sera sans doute pas toujours ainsi non plus!). Par un détour historique et ethnologique, je montre que les pères ont souvent été partie prenante du bon déroulement des grossesses, parfois eux-même soumis à des règles de conduites ou des restrictions alimentaires telles qu’elles s’appliquent essentiellement aujourd’hui en France aux femmes. Je montre aussi comment la recherche du risque zéro pourrait bien dans les années à venir générer pour les futurs pères de nouvelles exigences sanitaires et comportementales pour faire plus que jamais le plus beau des bébés.

Article à lire en intégralité sur Slate.

Crédits photos Mag B.

Faut-il allaiter pour rendre les enfants intelligents?

Résumé: 

Il ne se passe pas une année sans qu’une nouvelle étude vienne confirmer ou modérer l’influence de l’allaitement maternel sur le développement cognitif de l’enfant. Dans cet article, je décortique une revue systématique de littérature avec méta-analyse qui montre un intérêt positif de l’allaitement maternel sur le QI de l’enfant. Tout en reconnaissant ses bénéfices à l’échelle collectif, j’en tempère l’impact à l’échelle individuelle, notamment en raison des multiples facteurs qui influencent l’intelligence et la difficulté de disposer d’une mesure fiable et précise de l’efficience cognitive. Enfin, j’interroge l’ampleur qu’a pris aujourd’hui la performance intellectuelle dans les aspirations parentales en particulier et dans la société en général. La décision d’allaiter son enfant au sein et de partager ce lien spécifique avec lui ne devrait peut être pas reposer uniquement sur le désir de booster ses neurones.

Article intégral à lire sur Slate

 

 

Crédit photo Patricia M

Mes questions sur l’origine de la sainte puériculture

Il y a quelques semaines, La Mère Joie se désolait sur le sort de ces pauvres jeunes mamans (et sur leur multiplication épidémique sur la blogosphère), je cite, « le nez dans le guidon, en manque de repères et parfois d’esprit critique, noyées sous les flots d’informations d’humour et de relativisation » qui font de leur blog rien de moins qu’un mini traité de puériculture, et qui pourraient sans nul doute être de meilleures mères si toutefois elles mettaient un peu moins d’énergie à conspuer leurs voisines respectives, et un peu plus, à aimer leur enfant avec moins de technique et plus de bon sens… (LMJ, tu as le droit de gueuler si tu trouves mon résumé trop cavalier!!!)

J’avoue que cet article m’a donné à réfléchir, d’abord parce que moi aussi j’ai été une jeune maman paumée qui s’est demandé comment elle (et son rejeton) survivrait dans la jungle hostile sans thermomètre à embout flexible, ou coussin ergonomique spécial tête ronde…qui tremblait fébrilement à l’idée d’oublier ne serait-ce qu’une étape de la cérémonie du bain… et qui aurait tout aussi bien pu, sans réfléchir une seconde, taper sur Google la requête: « A partir de quel âge peut-on amener un bébé dans un supermarché… ». 

Continuer la lecture de Mes questions sur l’origine de la sainte puériculture