Contrôler l’école à la maison: le point de vue d’un inspecteur de l’Education Nationale

Ça faisait longtemps que ce sujet me démangeait. Le magazine Grandir Autrement et son dossier spécial sur l’instruction en famille (IEF) du mois de juillet-août m’en ont donné l’occasion! J’entendais régulièrement des familles instruisant elles-mêmes leurs enfants dénoncer les contrôles de l’Education Nationale, le stress qu’ils occasionnaient pour les parents comme les enfants, la méfiance qu’il pouvait y avoir de part et d’autres, mais aussi l’important décalage entre la pédagogie que les familles tentaient de mettre en oeuvre (autant que possible exempte d’évaluations et de rapports à la performance notamment) et la façon dont les enfants étaient bien souvent « testés » et interrogés par l’institution sans que celle-ci en tienne compte. Mais de l’autre côté, plusieurs inspecteurs de l’Education Nationale m’assuraient que l’extrême majorité des contrôles de familles IEF se passait très bien et en bonne intelligence dans la collaboration famille-institution.

Comment expliquer ce gap? Les inspecteurs percevaient-ils le mal-être des familles? Comment le jugeaient-ils? Y remédiaient-ils (ou non)? Comment les inspecteurs voyaient-ils leur rôle auprès de ces familles? Dans quelles mesures se comportaient-ils avec les enseignants non professionnels qu’étaient les parents comme ils se comportent face à des enseignants professionnels ? Quel regard portaient-ils sur les innovations pédagogiques qu’essayent souvent d’expérimenter ces parents IEF? Autant de questions pour tenter de réunir deux univers que tout semble opposer et qui apparaissent d’autant plus importantes que les libertés d’instruire son enfant en dehors du cadre curriculaire fixé par l’Education Nationale sont en passe d’être restreintes.

Pour lire en intégralité mon interview de Jean Claude Séguy, inspecteur de l’éducation nationale sur le secteur de Vaulx en Velin en banlieue lyonnaise, c’est dans le numéro 59 de juillet-août 2016! Vous pouvez aussi me contacter pour plus de détails.

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Méfiez-vous des neurosciences

Résumé

Les neurosciences sont un domaine scientifique en pleine expansion. Dans le domaine de la parentalité et de l’éducation, leurs découvertes servent de caution scientifique à des propositions éducatives qui relevaient jusque là du bon sens et de l’expérimentation de terrain et qui étaient sans cesse renvoyées à leur propre difficulté à mesurer, évaluer, et donc à convaincre. Si ce nouveau champ d’investigation est sans conteste excitant et prometteur, il est aussi bien souvent mal vulgarisé. Ceci ouvre la voie à une forme d’autoritarisme d’expertise, qui n’est pas sans conséquence sur les parents et les éducateurs.

Article à lire en texte intégral sur Slate.

 

Crédit photo Franck Berthelet

Faut-il allaiter pour rendre les enfants intelligents?

Résumé: 

Il ne se passe pas une année sans qu’une nouvelle étude vienne confirmer ou modérer l’influence de l’allaitement maternel sur le développement cognitif de l’enfant. Dans cet article, je décortique une revue systématique de littérature avec méta-analyse qui montre un intérêt positif de l’allaitement maternel sur le QI de l’enfant. Tout en reconnaissant ses bénéfices à l’échelle collectif, j’en tempère l’impact à l’échelle individuelle, notamment en raison des multiples facteurs qui influencent l’intelligence et la difficulté de disposer d’une mesure fiable et précise de l’efficience cognitive. Enfin, j’interroge l’ampleur qu’a pris aujourd’hui la performance intellectuelle dans les aspirations parentales en particulier et dans la société en général. La décision d’allaiter son enfant au sein et de partager ce lien spécifique avec lui ne devrait peut être pas reposer uniquement sur le désir de booster ses neurones.

Article intégral à lire sur Slate

 

 

Crédit photo Patricia M

L’éducation « positive » n’est pas aussi positive qu’on croit.

Résumé: 

L’éducation dite « positive » est actuellement très à la mode dans le domaine de la parentalité et de l’éducation et ce, sans pour autant être guère questionnée: elle regroupe beaucoup de pensées différentes issues de domaines disciplinaires et de filiation idéologique différentes. Qu’entend-on réellement par « positive »? Existe-t-il par opposition une éducation « négative »? Quelles sont les différentes théories psychologiques et philosophiques qui ont permis l’émergence de ce courant? Et quel impact a-t-elle sur les parents d’aujourd’hui? Parce que les promesses de ce courant éducatif sont grandes, parce que son influence gagne chaque jour en ampleur, il est nécessaire de prendre le temps de s’interroger sur le cadre de liberté qu’elle offre aux enfants et éducateurs d’aujourd’hui mais aussi sur les risques d’élaboration d’un nouveau dogme éducatif qu’elle représente.

Lisez le texte en intégralité sur Slate. Crédit photo Arnaud Abadie.

Mes questions sur l’origine de la sainte puériculture

Il y a quelques semaines, La Mère Joie se désolait sur le sort de ces pauvres jeunes mamans (et sur leur multiplication épidémique sur la blogosphère), je cite, « le nez dans le guidon, en manque de repères et parfois d’esprit critique, noyées sous les flots d’informations d’humour et de relativisation » qui font de leur blog rien de moins qu’un mini traité de puériculture, et qui pourraient sans nul doute être de meilleures mères si toutefois elles mettaient un peu moins d’énergie à conspuer leurs voisines respectives, et un peu plus, à aimer leur enfant avec moins de technique et plus de bon sens… (LMJ, tu as le droit de gueuler si tu trouves mon résumé trop cavalier!!!)

J’avoue que cet article m’a donné à réfléchir, d’abord parce que moi aussi j’ai été une jeune maman paumée qui s’est demandé comment elle (et son rejeton) survivrait dans la jungle hostile sans thermomètre à embout flexible, ou coussin ergonomique spécial tête ronde…qui tremblait fébrilement à l’idée d’oublier ne serait-ce qu’une étape de la cérémonie du bain… et qui aurait tout aussi bien pu, sans réfléchir une seconde, taper sur Google la requête: « A partir de quel âge peut-on amener un bébé dans un supermarché… ». 

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