Contrôler l’école à la maison: le point de vue d’un inspecteur de l’Education Nationale

Ça faisait longtemps que ce sujet me démangeait. Le magazine Grandir Autrement et son dossier spécial sur l’instruction en famille (IEF) du mois de juillet-août m’en ont donné l’occasion! J’entendais régulièrement des familles instruisant elles-mêmes leurs enfants dénoncer les contrôles de l’Education Nationale, le stress qu’ils occasionnaient pour les parents comme les enfants, la méfiance qu’il pouvait y avoir de part et d’autres, mais aussi l’important décalage entre la pédagogie que les familles tentaient de mettre en oeuvre (autant que possible exempte d’évaluations et de rapports à la performance notamment) et la façon dont les enfants étaient bien souvent « testés » et interrogés par l’institution sans que celle-ci en tienne compte. Mais de l’autre côté, plusieurs inspecteurs de l’Education Nationale m’assuraient que l’extrême majorité des contrôles de familles IEF se passait très bien et en bonne intelligence dans la collaboration famille-institution.

Comment expliquer ce gap? Les inspecteurs percevaient-ils le mal-être des familles? Comment le jugeaient-ils? Y remédiaient-ils (ou non)? Comment les inspecteurs voyaient-ils leur rôle auprès de ces familles? Dans quelles mesures se comportaient-ils avec les enseignants non professionnels qu’étaient les parents comme ils se comportent face à des enseignants professionnels ? Quel regard portaient-ils sur les innovations pédagogiques qu’essayent souvent d’expérimenter ces parents IEF? Autant de questions pour tenter de réunir deux univers que tout semble opposer et qui apparaissent d’autant plus importantes que les libertés d’instruire son enfant en dehors du cadre curriculaire fixé par l’Education Nationale sont en passe d’être restreintes.

Pour lire en intégralité mon interview de Jean Claude Séguy, inspecteur de l’éducation nationale sur le secteur de Vaulx en Velin en banlieue lyonnaise, c’est dans le numéro 59 de juillet-août 2016! Vous pouvez aussi me contacter pour plus de détails.

L’école française en état d’urgence

Résumé: 

Comment l’école française a-t-elle réagi après les attentats du 13 novembre 2015? Voici la question que je traite dans cet article. Depuis le développement de ressources pédagogiques destinées à répondre aux questions des enfants jusqu’à la réalisation d’exercices de mise en sécurité anxiogènes en passant par la dénonciation aux autorités d’élèves ayant tenus des propos considérés comme antirépublicains, je montre dans cet article comment la terreur des adultes leur à fait oublier leur devoir de constituer pour les enfants le cadre de sécurité affective et morale sur laquelle ils ont besoin de s’appuyer pour grandir.

L’article intégral peut être consulté sur abonnement sur le média en ligne Planète F. Pour plus de renseignements sur cet article, vous pouvez aussi me contacter par mail.

Crédits photo Groume

Aider nos enfants à réussir, le point de vue de Philippe Meirieu

J’ai tellement procrastiné l’écriture de cette chronique qu’il me semble vous devoir quelques explications à ce propos. Comme c’est souvent le cas avec les gens célèbres: nous entretenons avec eux des liens assymétriques. Philippe Meirieu ignore absolument tout de mon existence alors que je puis, sans exagération, affirmer qu’il a marqué mon histoire personnelle. Autorité indéniable de mes études en sciences de l’éducation, mais aussi cause indirecte d’un de mes plus cuisants échecs pédagogiques: ayant reçu transitoirement la responsabilité d’assurer auprès d’un parterre d’étudiant avides de connaissances un cours jusqu’à l’avant veille (ou presque) incarné par l’illustre Pr. Meirieu. Imaginez seulement leur déception en me voyant, moi, tout juste plus diplômée qu’eux.

Bref, écrire ici une chronique, où je manifesterais tant mon accord que mon désaccord, relève donc en large partie de la transgression. Transgression au regard de l’autorité évidente que confère à Philippe Meirieu le succès de ses écrits, et aussi transgression au regard de la communauté scientifique dont je suis – du point partiellement – issue.

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Hey teachers! Leave them kids alone!

Voici comment un simple bouquin reçu pour la Bibli des VI me replongea en moins de temps qu’il faut pour le dire dans mes questionnements de lycéenne…qui auguraient fort bien -même si je l’ignorai à l’époque- la suite de mon errance intellectuelle.

A cette époque là, j’écoutais intensivement les Pink Floyd (non d’abord parce que j’étais sensible à leur génie musical mais avant tout parce que j’avais un mec à draguer, MrD en l’occurrence) et comme je n’étais pas capable de m’intéresser à quelque chose sans virer à l’obsession j’avais entrepris la traduction de l’intégralité des chansons de leur répertoire (ce qui me fit incommensurablement plus progresser en anglais que n’importe quel manuel poussiéreux qui faisait invariablement du Melting Pot son hors d’oeuvre, de Shakespeare son plat de résistance, le tout saupoudré d’un peu de Malcolm X et de Ellis Island avant de finir par la douceur ensoleillée des Wetbacks.)

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