Contrôler l’école à la maison: le point de vue d’un inspecteur de l’Education Nationale

Ça faisait longtemps que ce sujet me démangeait. Le magazine Grandir Autrement et son dossier spécial sur l’instruction en famille (IEF) du mois de juillet-août m’en ont donné l’occasion! J’entendais régulièrement des familles instruisant elles-mêmes leurs enfants dénoncer les contrôles de l’Education Nationale, le stress qu’ils occasionnaient pour les parents comme les enfants, la méfiance qu’il pouvait y avoir de part et d’autres, mais aussi l’important décalage entre la pédagogie que les familles tentaient de mettre en oeuvre (autant que possible exempte d’évaluations et de rapports à la performance notamment) et la façon dont les enfants étaient bien souvent « testés » et interrogés par l’institution sans que celle-ci en tienne compte. Mais de l’autre côté, plusieurs inspecteurs de l’Education Nationale m’assuraient que l’extrême majorité des contrôles de familles IEF se passait très bien et en bonne intelligence dans la collaboration famille-institution.

Comment expliquer ce gap? Les inspecteurs percevaient-ils le mal-être des familles? Comment le jugeaient-ils? Y remédiaient-ils (ou non)? Comment les inspecteurs voyaient-ils leur rôle auprès de ces familles? Dans quelles mesures se comportaient-ils avec les enseignants non professionnels qu’étaient les parents comme ils se comportent face à des enseignants professionnels ? Quel regard portaient-ils sur les innovations pédagogiques qu’essayent souvent d’expérimenter ces parents IEF? Autant de questions pour tenter de réunir deux univers que tout semble opposer et qui apparaissent d’autant plus importantes que les libertés d’instruire son enfant en dehors du cadre curriculaire fixé par l’Education Nationale sont en passe d’être restreintes.

Pour lire en intégralité mon interview de Jean Claude Séguy, inspecteur de l’éducation nationale sur le secteur de Vaulx en Velin en banlieue lyonnaise, c’est dans le numéro 59 de juillet-août 2016! Vous pouvez aussi me contacter pour plus de détails.

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Hey teachers! Leave them kids alone!

Voici comment un simple bouquin reçu pour la Bibli des VI me replongea en moins de temps qu’il faut pour le dire dans mes questionnements de lycéenne…qui auguraient fort bien -même si je l’ignorai à l’époque- la suite de mon errance intellectuelle.

A cette époque là, j’écoutais intensivement les Pink Floyd (non d’abord parce que j’étais sensible à leur génie musical mais avant tout parce que j’avais un mec à draguer, MrD en l’occurrence) et comme je n’étais pas capable de m’intéresser à quelque chose sans virer à l’obsession j’avais entrepris la traduction de l’intégralité des chansons de leur répertoire (ce qui me fit incommensurablement plus progresser en anglais que n’importe quel manuel poussiéreux qui faisait invariablement du Melting Pot son hors d’oeuvre, de Shakespeare son plat de résistance, le tout saupoudré d’un peu de Malcolm X et de Ellis Island avant de finir par la douceur ensoleillée des Wetbacks.)

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Un A est-ce vraiment plus abstrait qu’un caméléon?

Apprendre à lire en famille de Marlène Martin, voici un titre qui a immédiatement fait surgir en moi une foule de souvenirs…

J’ai longtemps cru que la lecture était un truc un peu magique, comme faire du vélo ou marcher sur des échasses: la veille tu n’y arrives pas, tu ne comprends même pas réellement ce qu’on te demande, et puis le lendemain tu SAIS et jamais plus tu n’oublieras… tu n’arrives même plus à ne pas y arriver… Ayant appris à lire bien avant le CP, je n’ai jamais trop compris à quoi pouvait servir les lentes énumérations de sons qu’épinglait consciencieusement ma maîtresse sur les murs de la classe, je passais donc le plus clair de mon temps à voler en pensées avec les pigeons de la cour tout en culpabilisant d’être une élève si peu attentive…

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