Les folles inventions de la puériculture

Je ne crois pas qu’il existe un mot pour désigner la rêverie que procure la lecture aléatoire d’un dictionnaire ou d’une encyclopédie, sautant d’une entrée à l’autre, dans le plus grand mépris pour la recherche initiale. Cette activité a pourtant englouti un grand nombre d’heures de mon enfance… mais c’était sans compter l’avènement d’Internet, qui m’a permis de m’y adonner à l’échelle quasi-industrielle, voire, d’en faire (presque) mon métier. Aussi, à l’heure où les uns se promettent un bon bain, une bonne série, ou un bon gâteau pour se récompenser d’une dure journée de labeur, je me promets une session de rêverie exploratoire sur un moteur de recherche quelconque.

L’autre jour, c’est sur Google Patents que j’ai jeté mon dévolu, le moteur de recherche pour les brevets en anglais, avec le projet d’y trouver des trucs aussi surprenants que cette centrifugeuse à accoucher, censée faciliter la naissance des bébés (qui a valu à ses inventeurs d’être lauréats des Ig Nobel 1999).

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Voilà comment on accouchait autrefois

Chose promise, chose due. Voilà quelques réflexions plus approfondies sur les drôles d’illustrations que je vous avais montré il y a quelques jours. L’occasion de replacer un peu ces images dans leur contexte, celui d’un livre non scientifique, nourri de rumeurs anthropologiques et très imprégné du mythe colonial du « bon sauvage ». L’occasion aussi de rappeler que l’accouchement « physiologique » tel qu’il peut être défendu aujourd’hui n’a rien à voir avec un accouchement « du passé », l’interventionnisme devant la naissance n’étant pas (du tout) l’apanage de la médecine moderne et des cultures occidentales. Merci encore à 10 lunes, sage-femme que l’on ne présente plus sur le net, pour ses conseils et remarques avisées.

L’article intégral peut être consulté sur Slate.

Crédits photo Internet Book Archive Image via Flickr CC (pas de restriction connue du droit d’auteur)

Aide la reine des Neiges à accoucher

Il y a seulement deux jours, je m’intéressais aux applications de grossesse et aux stéréotypes qu’elles pouvaient renfermer et de clics en clics je suis tombée sur…. ça. Une plateforme de jeux destinées aux enfants anglo-saxons où on peut suivre la grossesse ou l’accouchement (mais aussi la perte de poids ou la neurochirurgie) de la Reine des Neiges (ou de Dora, ou de Anna, ou de .. enfin bref).

Rien de fantastique vu que l’autonomie du joueur est extrêmement limitée, on ne peut que s’acquitter des différentes tâches auxquelles on nous invite. Néanmoins, ça peut donner à réfléchir sur la représentation de l’accouchement qui est promue auprès des jeunes générations…

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Quelques images savoureuses de la parentalité d’autrefois

Une petite balade sur Flickr à la recherche d’images libres de droits pour illustrer certains des articles de ce site m’ont conduite à quelques petites découvertes aussi inattendues que savoureuses. Je n’ai évidemment pas pu résister à l’envie à vous les faire partager…

 

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Votre smartphone déforme votre grossesse

Résumé: 

Les applications grossesse sont actuellement très téléchargées par les futures mères et l’offre s’accroît chaque jour. Or sous des couverts ludiques et inoffensifs, ces applications ont un véritable impact sur les représentations des futurs parents: Rôles parentaux sexistes et stéréotypés, norme hétérosexuelle qui ne laisse aucune place aux familles monoparentales et homosexuelles, hypermédicalisation de la grossesse et renforcement des « mythes de grossesse », autant d’éléments qui peuvent préoccuper quand on sait que la « santé mobile » est vue par la Commission Européenne comme un outil phare pour améliorer la prévention, l’information et réduire les coûts de santé.

 

Vous pouvez lire le texte intégral de cet article sur Slate.

 

Crédits photo Robson

Les enfants non baptisés ont-ils droit au paradis?

Résumé: 

Si aujourd’hui, les parents dont le bébé décède aux alentours de la naissance ont besoin pour faire leur deuil de faire reconnaître sa courte existence par le biais de rites d’insertion sociale tels que l’attribution d’un prénom, l’octroi d’une sépulture et la réalisation d’une cérémonie ; les parents d’hier vivaient dans la terreur que leur enfant décède sans être baptisé et soit alors condamné à errer dans les limbes, un non-lieu destiné aux âmes innocentes mais pourtant marquées du péché originel. Dans cet article, je retrace l’histoire des limbes, de leur création par les théologiens du XIIème siècle à son abrogation officielle, en 2007 seulement, par l’Eglise catholique.

Article à lire en intégralité sur Slate

 Crédits photo

Au tour des pères d’en baver pendant la grossesse

Résumé: 

L’idée commune veut que la grossesse soit d’abord une affaire de femme. Si son suivi médical implique les pères, c’est plus souvent pour prévenir un potentiel désengagement et favoriser le lien d’attachement que par nécessité médicale. Pourtant, il n’en a pas toujours été ainsi (et n’en sera sans doute pas toujours ainsi non plus!). Par un détour historique et ethnologique, je montre que les pères ont souvent été partie prenante du bon déroulement des grossesses, parfois eux-même soumis à des règles de conduites ou des restrictions alimentaires telles qu’elles s’appliquent essentiellement aujourd’hui en France aux femmes. Je montre aussi comment la recherche du risque zéro pourrait bien dans les années à venir générer pour les futurs pères de nouvelles exigences sanitaires et comportementales pour faire plus que jamais le plus beau des bébés.

Article à lire en intégralité sur Slate.

Crédits photos Mag B.

Accoucher en conscience grâce à l’ostéopathie

Résumé:

Dans ce court article, j’évoque mon expérience personnelle et notamment mes deux accouchements à domicile accompagnés par une sage-femme libérale. J’y présente également l’ouvrage de Blandine Calais Germain et Nuria Vive Parès dont j’ai déjà parlé ici plus en détail qui m’a permis de comprendre et me représenter en 3D le fonctionnement de mon corps d’une façon qui m’avait longtemps manquée.

Le texte intégral de l’article est disponible dans le n°50 de janvier 2015 du magazine Grandir Autrement. Vous pouvez aussi me contacter par mail pour plus de renseignements.

 

Crédit photo

Ainsi naquit le nain

Je crois qu’on peut dire sans exagérer qu’en terme de guide grossesse, je suis, comment dire….une lectrice assez pénible. Ne serait-ce que parce que j’en ai lu un certain nombre, du fait du nombre certains de mes propres nains, du fait aussi que j’officie sur les VI depuis plus de 2 ans maintenant. Tout ça pour dire que même lorsque je cherche à me contrôler, je ne peux m’empêcher de soupirer et pester aux inexactitudes médicales, aux clichés sois-enceinte-belle-et-tais-toi, aux injonctions en tout genre dont nous abreuvent quantités de publications sur la grossesse (certains me diront, sûrement à juste titre, qu’au lieu de critiquer, je ferais mieux de m’y essayer, mais nous n’en sommes pas encore là…). Bref, quand je reçois un nouveau bouquin, Mr Déjanté est toujours un peu stressé à l’idée de me récupérer en fin de soirée en mode boule-de-nerfs (surtout que le livre a de frustrant qu’il ne s’émeut absolument pas du fait qu’on ne l’apprécie pas).

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Mieux comprendre pour mieux accoucher

Quand j’attendais l’Anté-pré-ado, j’avais une très haute idée de ce que pouvait être une préparation à la naissance digne de ce nom, on m’avait d’ailleurs recommandé une sage-femme aux petits oignons et j’avais grand hâte de commencer les séances…. c’était sans compter la menace d’accouchement prématuré qui m’assigna à canapé dès le 5ème mois de grossesse et m’interdit donc de me faire des copines baleines, de sophrologiser et de prendre conscience de mon périnée. En guise de préparation à l’accouchement, j’eus donc droit à un abrégé d’obstétrique dispensé en un temps record par la sage-femme chargée de me faire les monitoring à domicile (qu’en tant que seul être vivant que je croisais régulièrement en dehors de MrD, je ne remercierai jamais assez): je savais quoi mettre dans mon trousseau de maternité, je savais inspirer-bloquer-pousser, et je savais qu’une curieuse malédiction voulait que les bébés ayant le dos à gauche du ventre de la maman naissaient plus facilement que leurs copains droitiers (mais je n’ai jamais eu l’occasion de vérifier si cela avait un lien avec le choix du sens de vissage des robinets), en deux mots j’étais bonne pour le service!

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