Mais comment peux-tu être POUR l’éducation bienveillance et écrire CA?

Voilà à peu de choses la question qu’on me pose depuis que j’ai écris ces deux textes (celui ci et le dernier en date, celui là) sur le média en ligne Slate.

Pour certains, c’est l’incompréhension qui domine: ce n’est pas “logique”, on ne peut pas adhérer à une pensée et en critiquer certains aspects. Pour d’autres, c’est la crainte: mes propos seraient dangereux, sournois, de la manipulation en somme, je risquerais de les attirer dans le sillage de l’ENV (lire “éducation non violente”) avant de leur démontrer leur erreur alors qu’ils sont déjà tout acquis à ma cause.

Alors, pour nourrir quelque peu le débat, je me suis dit que je leur devais bien une petite explication.

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Méfiez-vous des neurosciences

Résumé

Les neurosciences sont un domaine scientifique en pleine expansion. Dans le domaine de la parentalité et de l’éducation, leurs découvertes servent de caution scientifique à des propositions éducatives qui relevaient jusque là du bon sens et de l’expérimentation de terrain et qui étaient sans cesse renvoyées à leur propre difficulté à mesurer, évaluer, et donc à convaincre. Si ce nouveau champ d’investigation est sans conteste excitant et prometteur, il est aussi bien souvent mal vulgarisé. Ceci ouvre la voie à une forme d’autoritarisme d’expertise, qui n’est pas sans conséquence sur les parents et les éducateurs.

Article à lire en texte intégral sur Slate.

 

Crédit photo Franck Berthelet

10 choses extraordinaires sur votre cerveau

A l’heure où les propositions pédagogiques ou éducatives qui n’aient pas reçu leur label « VU A L’IRM » ou encore « PROUVE NEUROBIOLOGIQUEMENT » n’ont quasiment aucune chance de survie, je vous enjoins tout-e-s, parents, enseignants, auditeurs radio, téléspectateurs, lecteurs de presse à découvrir sans plus attendre la face cachée de cette fascination cérébrale…

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Faut-il allaiter pour rendre les enfants intelligents?

Résumé: 

Il ne se passe pas une année sans qu’une nouvelle étude vienne confirmer ou modérer l’influence de l’allaitement maternel sur le développement cognitif de l’enfant. Dans cet article, je décortique une revue systématique de littérature avec méta-analyse qui montre un intérêt positif de l’allaitement maternel sur le QI de l’enfant. Tout en reconnaissant ses bénéfices à l’échelle collectif, j’en tempère l’impact à l’échelle individuelle, notamment en raison des multiples facteurs qui influencent l’intelligence et la difficulté de disposer d’une mesure fiable et précise de l’efficience cognitive. Enfin, j’interroge l’ampleur qu’a pris aujourd’hui la performance intellectuelle dans les aspirations parentales en particulier et dans la société en général. La décision d’allaiter son enfant au sein et de partager ce lien spécifique avec lui ne devrait peut être pas reposer uniquement sur le désir de booster ses neurones.

Article intégral à lire sur Slate

 

 

Crédit photo Patricia M

L’éducation « positive » n’est pas aussi positive qu’on croit.

Résumé: 

L’éducation dite « positive » est actuellement très à la mode dans le domaine de la parentalité et de l’éducation et ce, sans pour autant être guère questionnée: elle regroupe beaucoup de pensées différentes issues de domaines disciplinaires et de filiation idéologique différentes. Qu’entend-on réellement par « positive »? Existe-t-il par opposition une éducation « négative »? Quelles sont les différentes théories psychologiques et philosophiques qui ont permis l’émergence de ce courant? Et quel impact a-t-elle sur les parents d’aujourd’hui? Parce que les promesses de ce courant éducatif sont grandes, parce que son influence gagne chaque jour en ampleur, il est nécessaire de prendre le temps de s’interroger sur le cadre de liberté qu’elle offre aux enfants et éducateurs d’aujourd’hui mais aussi sur les risques d’élaboration d’un nouveau dogme éducatif qu’elle représente.

Lisez le texte en intégralité sur Slate. Crédit photo Arnaud Abadie.

Quand j’étais petite, on naissait par le vagin de nos mères

Le monde de la périnatalité est plein de conflits, de tensions, de guerres même: pour ou contre l’allaitement, pour ou contre la péridurale, pour ou contre la césarienne, pour ou contre le portage, pour ou contre le cododo. Pour ma part, j’ai tranché la question le jour où j’ai découvert la parentalité 2.0 : je suis pour le choix, libre et informé, de chacune sans jugement moral ni pression psychologique. C’est assez facile de dire ça, et me direz-vous, assez consensuel… car la véritable difficulté est de savoir quelle information dispenser pour être réellement informatif sans être normatif.

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Parlons sexe

La semaine dernière est paru sur le Figaro un article dans laquelle la“philosophe” et “sexologue” Thérèse Hargot donnait sa lecture desrécentes agressions sexuelles au collège Montaigne : Visionnage contraints de contenus pornographiques, attouchements, jamais encore cette violence adolescente n’avait à ce point fait l’objet d’un traitement médiatique d’une telle ampleur.

S’agit-il là d’une prise de conscience tant attendue que la triste banalité de ces faits ne les rendaient pas pour autant acceptables ? Ou du désir d’aucuns de pouvoir enfin exposer leur théorie personnelle de l’apocalypse juvénile autrement appelée théorie du “pourquoi c’était mieux avant”?

Quoi qu’il en soit, pour Thérèse Hargot, les coupables sont tout désignés! Continuer la lecture de Parlons sexe

Nous sommes des menteuses de mères en filles

Le burn-out maternel est le mal du siècle, nous disent les journaux. Les mères sont de plus en plus fatiguées, épuisées, au bout du rouleau. Tout le monde le sait. Ce sont vos amies, vos soeurs, vos cousines, vos mères, vos collègues de travail. Personne ne bouge. “Mais les hommes aussi sont touchés” me dit-on. Ah oui? Vraiment? Les 3% qui prennent un congé parental? Et le pire c’est qu’on est CONTENT que des hommes soient touchés, parce que ça veut dire qu’on AVANCE dans la répartition des tâches. Non mais vous vous rendez compte??? On finit par SOUHAITER que des types soient mal, au bord de la dépression, à pleurer chaque jour de leur vie ou presque parce que ce serait signe de PROGRÈS SOCIAL. Miam le progrès. Continuer la lecture de Nous sommes des menteuses de mères en filles

L’intelligence de l’enfant entre fascination et tensions

Mon enfant est-il « suffisamment » intelligent? Comment permettre à mon enfant de développer au mieux son potentiel intellectuel (lui faire écouter Mozart? lui apprendre à jouer aux échecs? engager une baby sitter trilingue?)? Mon enfant ne serait-il pas « précoce », surdoué, ou n’a-t-il pas du moins un profil cognitif atypique?

Voici des questions qui reviennent régulièrement, pour ne pas dire constamment, dans la tête et la bouche des parents (je vous fais grâce des milliards de pages de forums variés sur le sujet…).

Ces questions n’ont selon moi rien d’honteuses: il me semble assez normal pour un parent de chercher comment faire « au mieux » pour son enfant, de s’interroger sur son insertion sociale présente et future… car c’est bien de cela qu’il s’agit!

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Les enfants de pauvres sont des fainéants aux parents démissionnaires

Voici (à quelques détails près de mon cru) le titre d’une récente tribune parue dans le journal Libération, dans lequel son auteur entend dénoncer un type de préjugé fort répandu (quoique la majorité d’entre nous s’en défende) et qui selon lui participe activement à la reproduction des inégalités scolaires:

Dans le fond de l’air, la question de l’effort revient comme un leitmotiv, sous-entendant que les enfants de maintenant seraient moins méritants qu’avant. Alors, si l’échec est d’abord ce manque d’effort déployé par un individu, posons la question : «Les enfants de pauvres sont-ils fainéants ?». Si oui, alors ils n’ont que ce qu’ils méritent. Sinon, il est scandaleux et injuste qu’ils soient les premières victimes de la production d’échec scolaire massif de notre système éducatif.

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