Quand Marie booste ta connexion

Cela fait presqu’un an que Marie Gervais m’a envoyé son dernier né de papier. Honte à moi. Il faut dire que j’ai passé ces derniers mois le nez dans les bouquins pour pondre le mien (de dernier né) que vous découvrirez au printemps prochain. Mon manuscrit rendu, je reprends donc doucement le cours des activités laissées en suspend : découvrir le livre de Marie a été un de mes premiers petits plaisirs, une des premières lectures récréatives que je me suis offerte après ces mois d’ascèse. Car oui, Marie et moi avons beaucoup en commun: le goût des livres et des idées, mais aussi un regard éducatif résolument optimiste, où les bonheurs simples et l’enchantement du présent sont des nourritures quotidiennes.

Marie a le chic pour écrire des livres inclassables: Vous pensez consulter un livre d’activités familiales en pleine nature, vous découvrez en sus un livre de pédagogie, de développement personnel, un guide touristique, un essai militant, un manuel de loisirs créatifs, un guide de la nature, et un livre de photo. Rien que ça!  Un de ces ouvrages précédents m’avait déjà stupéfaite dans ce registre, mais celui là n’a rien à lui envier!

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Mais alors de quoi parle-t-il? Dans ce livre intitulé La famille buissonnière (inutile de vous dire que je suis aussi fan du titre!), Marie nous annonce tout de go qu’elle va nous aider à nous reconnecter à la nature, et donc à devenir une « famille buissonnière ». Pour la citadine que je suis, qui n’arrive toujours pas à manger les girolles qu’elle trouve en forêt, qui a horreur de dormir sous une tente, et qui n’est pas tout à fait sûre qu’elle pourrait réellement survivre plus de trois jours sans connexion Internet… je me suis dit « oulala, c’est pas gagné! ». Mais la magie de Marie Gervais a vite opéré et de pages en pages, on se surprend à dire « Mais ça je le fais déjà! » …. « Mais ça, ce serait pas très compliqué à essayer! » et finalement… « Mais ça, je veux absolument le tester!!!!! ».

Les partis pris du livre que j’ai vraiment appréciés: Dans ce livre, Marie Gervais évoque des questions qui me semblent aujourd’hui absolument centrales dans l’éducation des enfants et pour l’épanouissement des adultes-parents, et qui me semblent assez largement sous-traitée dans le discours public.

La première d’entre elle est celle de l’espace de liberté offert aux enfants, de la place qui leur est accordée dans un espace public d’abord modelé par les besoins des adultes masculins, valides et professionnellement actifs (j’en ai déjà parlé ici) et évidemment des relations de domination âgiste (c’est à dire liées à l’âge) que celle-ci révèle.

La seconde est la question de la façon dont on vit le quotidien avec les enfants: plutôt dans l’urgence, terrassés par la fatigue et le travail en retard ; ou plutôt dans ce qui est aujourd’hui appelé la « pleine conscience » (même si cela ne veut pas dire qu’on pète le feu). Le mot peut sembler ésotérique car il est inspiré de la pratique méditative, il n’en traduit pas moins un concept relativement banal, que l’on retrouve dans la formule Carpe diem: profiter de l’instant qui nous est offert, et s’il n’est pas parfaitement confortable, écouter ses sensations comme une manifestation du fait que nous soyons vivants. Je sais ce que vous pensez: que ce sont des concepts complètement perchés, de bobos-alternatifs qui n’ont rien d’autre à faire de leur vie. Pourtant, je pense pouvoir dire sans me tromper que s’offrir de petits moments comme cela, même si on ne peut pas toujours vivre ainsi, constitue un peu du sel de la vie. Faire un câlin à son enfant en choisissant d’oublier momentanément la vaisselle en retard, la voiture à faire réparer, ou la liste des mails professionnels à traiter, en pensant juste à la chance que nous avons qu’une personne aussi formidable que lui/elle ait eu envie de partager ce moment avec nous, ça ne coûte rien mais ça remplit beaucoup. Car de cela peut naître un autre rapport à notre environnement et qui fait l’essence même de la transformation, ou plutôt de la prise de conscience, que nous propose Marie. Je me souviens d’une époque où les trajets pour revenir de l’école avec mes enfants étaient très pénibles: enfants fatigués, qui n’avaient plus envie de marcher, qui avaient accumulé tensions et anxiété durant toute la journée. Les crises de colère se succédaient: j’avais mal choisi le goûter, ils ne voulaient pas porter leurs manteaux, ils ne voulaient pas rentrer, ils ne voulaient pas rester. J’appréhendais beaucoup ce moment, et sans doute eux aussi. Et puis un jour, il y a eu un énorme orage, exactement au moment où ils sont sortis de l’école. Dans ma tête, je me suis dit: « ça va être l’horreur ». Et en réalité, c’est le contraire qui s’est produit. Personne n’était habillé pour la pluie, on était ruisselants, dégoulinants, les chaussures étaient si trempées qu’on pouvait sauter dans les flaques sans rien aggraver. Ils se sont mis à chanter à tue-tête pour couvrir le tonnerre, et à courir en rigolant. On a bu de la pluie, on a admiré les gouttières déborder de toutes part. Et quand on est entré, le bain chaud habituellement honni a été acclamé. Jamais on est rentrés aussi vite et aussi heureux. Si j’en crois Marie, c’est ainsi que l’on devient une famille buissonnière.

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Le dernier positionnement que j’ai retenu, et qui est directement lié aux deux autres, c’est le devoir des parents d’apprendre à leurs enfants le risque et la transgression. Oui, parfaitement. A l’heure on ne cesse de parler de l’apprentissage des « règles » et des « limites », de ne jurer que par le « risque zéro », il est tant que nous nous posions la question de ce que nous voulons VRAIMENT pour nos enfants. D’une vie aseptisée dans une prison dorée, ou d’une existence parfois douce, parfois piquante mais pleine de couleurs et de saveurs. Je me souviens de cette fois où j’avais confié un couteau à mon fils de 6 ans, il m’a demandé: « Est-ce que tu me laisses l’utiliser parce que tu t’en fiches que je me fasse mal? ». Je lui ai réponds: « Je te laisse l’utiliser parce que je t’ai appris comment éviter de te couper, mais que si tu te coupes, ce ne sera pas grave ». Non, ce n’est pas « grave » de brûler le bout du doigt, de s’écorcher un genou, de se couper une mèche de cheveux, de salir ses habits ou de les déchirer. Ce qui est très grave en revanche, c’est de croire qu’il est grave de vivre cela au point de ne plus oser bouger (je parle en connaissance de cause!). Dans son livre, Marie fait donc une liste délicieuse des « petits bobos qui font grandir les enfants » parmi lesquels on retrouve: « perdre de vue ses parents (juste un moment), se coller un chewing gum dans les cheveux, tomber dans la gadoue, se faire griffer par les ronces en cueillant des mûres, se retrouvé enfermé dans les toilettes par inadvertance (pas trop longtemps)« . Suivie d’une autre liste tout aussi délicieuse des « sensations fortes à vivre avant d’être grand » (les grands, ne vous en faites pas, un rattrapage est toujours possible!) comme par exemple: « passer une nuit à la belle étoile, faire l’ange dans la neige, voir le soleil se lever sur l’horizon, manger dans le noir (sans connaître le menu), poser la langue sur un pile, hurler à pleins poumons dans un endroit désert« .

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Les partis pris du livre que j’ai moins appréciés: Il n’y en a guère, il faut bien avouer! Le seul petit bémol que mettrait la geek que je suis, c’est peut être de ne pas souscrire autant que Marie à l’opposition nature/culture. Je ne fais pas partie des parents qui pensent que « les écrans » dans l’absolu, sont nocifs ; que les réseaux « sociaux » ne sont affaire que mises en scène égocentriques et exhibitionnistes; que les enfants d’aujourd’hui sont des « zappeurs » perpétuellement insatisfaits qui désirent sans cesse de nouveaux objets pour combler le vide affectif et spirituel de leurs vies surmenées. Marie ne va pas jusque là (elle aussi a son petit côté geek!) ! Mais son discours s’ancre non moins dans l’idée de rompre avec cette « connexion » artificielle de la société contemporaine et numérique pour restaurer la « connexion » naturelle avec notre environnement, celui-là même qui serait nécessaire à l’épanouissement de l’individu et au respect des écosystèmes.

« Le constat est clair: notre société nous pousse à passer de plus en plus de temps à l’intérieur, loin de la nature, et nous commençons en retour à développer ce qu’on appelle aujourd’hui « les maladies du XXIème siècle »: diabète, obésité, hypertension, maladies cardio-vasculaires, hyperactivité avec déficits de l’attention, myopie, asthme, dépression, burnout ; quand aux enfants, on constate de plus en plus de retards de développement moteur, cognitif ou social. Mais si les symptômes sont très graves, les solutions peuvent être très simples: recréer un lien avec la nature! »

Pour moi, la technologie n’empêche pas cela, à condition qu’on sache l’utiliser à bon escient, à condition qu’on sache l’intégrer dans l’ensemble des autres activités dont nous avons besoin pour nous sentir bien. Je me souviens comment nous avions « enchanté » les départs à l’école durant toute une saison grâce à une application qui suit en temps réel le trajet des avions. Tous les matins, le chemin de l’école croisait celui d’un couloir aérien que nous connaissions bien: croiserions-nous le « Paris-Zurich »? le « Berlin-Barcelone »?  A quelle hauteur volent ces avions? A quelle vitesse? L’occasion d’utiliser la boussole que je garde toujours accrochée à mon porte-clés pour bien s’orienter et aussi de voyager par la pensée… Dans un genre différent, l’application « Pl@ntnet » accompagne toutes nos sorties, elle permet de retrouver le nom des végétaux à partir d’une simple photo et d’enrichir du même coup la banque d’image de la communauté. Les exemples pourraient encore être très nombreux, et Marie connaît bien leur potentiel créatif, mais il me semble nécessaire de sortir de cette dichotomie nature/culture et d’une diabolisation a priori de la seconde. On ne le dira jamais assez: ce qui compte, ce n’est pas que la nature de l’outil, c’est la façon dont on l’utilise et les transferts qu’on est capables d’opérer pour les détourner au service de notre propre création (un jour, je vous raconterai comment en 2005 j’ai utilisé un logiciel de modélisation moléculaire pour faire des cartes heuristiques en sciences de l’éducation).

En guise de conclusion, quelques activités proposées par Marie qui m’ont vraiment accrochées! 

  • Faire plus souvent des journaux de voyage, même quand ce ne sont pas de « grands » voyages, agrémentés de photos d’une « mascotte » familiale (figurine, playmobil ou autre…) située dans les différents paysages.
  • Instaurer une soirée-jeu de société en famille une fois par mois.
  • Organiser un spectacle d’ombres chinoises derrière un grand drap
  • S’initier au light painting (ça j’en ai très très très très envie…!!!!)

…. et quelques bonnes résolutions

  • Continuer à les encourager à démonter les objets cassés
  • Continuer à leur apprendre à faire du feu, à tailler du bois, surtout lorsque ce sont des filles…
  • Remplacer notre binoculaire cassée…
  • Trouver une bonne grosse poutre dans l’appartement où fixer de quoi monter à la corde/une balançoire

 

Vous pouvez aussi retrouver Marie Gervais sur son blog www.education-creative.com

 

Crédits photo: B. Kammerer, tous droits réservés. 

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Ce que les enfants veulent que leurs enseignants sachent

La rentrée c’est un peu un rituel (je reviendrai d’ailleurs très bientôt par ici sur mon récent article sur Slate traitant de cette question). D’ailleurs, il me semble qu’à peu près tout le monde ayant été scolarisé est capable de dire comment commence chaque première heure de cours au collège et lycée: L’enseignant inscrit son nom au tableau, dit parfois un mot du programme, précise le matériel dont il faut disposer et rappelle que « cette année, c’est du sérieux ». Et puis tôt ou tard, il annonce qu’il va falloir remplir une fiche. Quand j’étais enfant, j’aimais plutôt bien ça. D’abord parce que ce rituel jouait parfaitement son rôle, à savoir celui de me permettre de me détendre un peu, stressée que j’étais le jour de la rentrée. Et ensuite parce que ça me permettait, selon les informations demandées par les enseignants, de les cerner un tant soit peu.

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Y a-t-il une bonne méthode pour réagir aux pleurs d’un nourrisson?

Ahhhh, ça faisait longtemps qu’il me tardait de pouvoir aborder ce sujet, en particulier depuis que j’avais croisé dans le HuffPost cet article aussi horriblement culpabilisateur qu’incroyablement mal argumenté. Parce que la grande question scientifique à propos des pleurs de bébés, celle à laquelle il n’est pas facile de répondre, n’est pas de savoir si les enfants qu’on laisse pleurer tellement longtemps que cela en devient une maltraitance sont affectés durablement par cela, ça c’est une évidence désormais bien reconnue. Mais plutôt de savoir si il est sécuritaire de laisse pleurer un enfant quelques minutes, parce qu’on a besoin d’aller aux toilettes, parce qu’on sent ses nerfs au bord du craquage, parce que ça fait des heures qu’on berce et qu’on réconforte. Ou si au contraire ce petit moment de pleurs peut, même causer ne serait-ce qu’un dizième, un centième ou un millième des conséquences néfastes évoquées plus haut. Grossièrement dit: on a besoin de savoir si l’impact des pleurs augmentent proportionnellement avec leur durée et cela, sans valeur de seuil.

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Les pères sont-ils des pédophiles en puissance?

Je prends enfin le temps de vous résumer ici mon dernier article paru sur Slate. A la base de cet article, une photographie que j’ai trouvé très belle et très vraie mais qui a non moins subi les affres de la censure de Facebook (essentiellement dans les pays anglos-saxons). Pourquoi? Parce qu’elle montre un enfant sous la douche, nu dans les bras de son père nu. Ça m’a donné l’occasion de m’interroger sur le regard qu’on portait aujourd’hui sur la nudité masculine (et ce, alors même que beaucoup de publicités pas particulièrement polémiques montrent des femmes nues portant des enfants nus dans leurs bras), sur ce que cela disait de notre façon d’envisager la paternité (plus sociale que « instinctive »?) mais aussi sur nos peurs plus ou moins conscientes des violence sexuelles. En recherchant des données précises, j’ai pu mesurer combien il était difficile d’obtenir des chiffres fiables concernant les violences sexuelles sur mineur, mais aussi combien ces chiffres, même partiels, étaient élevés et concernaient très majoritairement des agresseurs masculins. Dès lors on est tenté de se demander quoi faire? Faut-il, pour protéger les enfants, tenir les hommes à l’écart des enfants comme nous le faisons déjà en partie (songez au regard qu’on porte sur un homme qui aide au square un enfant à se relever, songez combien il est plus « normal » pour une mère d’avoir sa place dans les vestiaires des petits garçons pour les aider à se changer lors des séances de piscine scolaire plutôt qu’un père dans les vestiaires des filles)? Ou bien faut-il, sans pour autant oublier ce risque ni le minimiser, agir prioritairement pour lutter contre la culture du viol, les stéréotypes sexistes parentaux et aussi d’une façon plus générale pour le droit de l’enfant au respect?

L’article en intégralité est à lire sur Slate.

 

 

Crédits photo Internet archive Book image/Flickr/Pas de droits d’auteurs connus

(et toutes mes excuses aux loups, qui doivent encore une fois supporter d’endosser la métaphore de la barbarie humaine)

Votre smartphone déforme votre grossesse

Résumé: 

Les applications grossesse sont actuellement très téléchargées par les futures mères et l’offre s’accroît chaque jour. Or sous des couverts ludiques et inoffensifs, ces applications ont un véritable impact sur les représentations des futurs parents: Rôles parentaux sexistes et stéréotypés, norme hétérosexuelle qui ne laisse aucune place aux familles monoparentales et homosexuelles, hypermédicalisation de la grossesse et renforcement des « mythes de grossesse », autant d’éléments qui peuvent préoccuper quand on sait que la « santé mobile » est vue par la Commission Européenne comme un outil phare pour améliorer la prévention, l’information et réduire les coûts de santé.

 

Vous pouvez lire le texte intégral de cet article sur Slate.

 

Crédits photo Robson

Protéger les garçons…. en luttant contre le sexisme!

Résumé: 

Aujourd’hui l’écart entre le taux de mortalité des filles et des garçons se creuse dès l’adolescence. En cause, les conduites à risques et autres comportements violents vus comme injonction sociale dans la communauté des jeunes et moyen incontournable de faire la preuve de sa virilité. Dans cet article, je reviens sur les stéréotypes de genre, présents dès le plus jeune âge et qui encouragent les garçons à la démonstration de force et la domination physique. J’évoque aussi les pistes pour sortir de ce cercle vicieux de violence: renouveler les modèles que les pères présentent à leurs fils, soutenir les luttes féministes pour que les hommes prennent une part plus égalitaire dans les tâches ménagères et parentales, mais aussi peut être construire un nouvel accompagnement de l’adolescence et réinventer les rites d’insertion des jeunes dans la communauté.

Le texte intégral de cet article peut être consulté dans le numéro 58 de mai/juin 2016 du magazine Grandir Autrement.

 

Crédits photos

L’école française en état d’urgence

Résumé: 

Comment l’école française a-t-elle réagi après les attentats du 13 novembre 2015? Voici la question que je traite dans cet article. Depuis le développement de ressources pédagogiques destinées à répondre aux questions des enfants jusqu’à la réalisation d’exercices de mise en sécurité anxiogènes en passant par la dénonciation aux autorités d’élèves ayant tenus des propos considérés comme antirépublicains, je montre dans cet article comment la terreur des adultes leur à fait oublier leur devoir de constituer pour les enfants le cadre de sécurité affective et morale sur laquelle ils ont besoin de s’appuyer pour grandir.

L’article intégral peut être consulté sur abonnement sur le média en ligne Planète F. Pour plus de renseignements sur cet article, vous pouvez aussi me contacter par mail.

Crédits photo Groume

Quelle éducation à la diversité en 2016?

Résumé: 

Notre quotidien social est fait de diversité, et c’est tant mieux! Si les revendications pour l’inclusion de toutes et tous sont réelles, elles n’occultent pas pour autant le racisme et la discrimination sociale. Comment accompagner son enfant vers le vivre-ensemble dans ce climat de paradoxes ? Dans cet article, j’évoque les récentes évolutions législatives et sociales pour lutter contre les inégalités dont souffrent les personnes en situation de handicap, racisées, neurotypiques, homo- ou trans-sexuelles, les initiatives pour construire l’inclusion mais aussi la façon dont se construit, à l’échelle individuelle du développement de l’enfant, l’identification des différences inter-individuelles mais aussi leur dépassement.

Le texte intégral de l’article est consultable dans le n°179 de janvier-février-mars 2016 du magazine L’Enfant et la vie. Pour plus de renseignements sur cet article, vous pouvez aussi me contacter par mail.

Crédits photos Frédérique Voisin Demery

Aider nos enfants à réussir, le point de vue de Philippe Meirieu

J’ai tellement procrastiné l’écriture de cette chronique qu’il me semble vous devoir quelques explications à ce propos. Comme c’est souvent le cas avec les gens célèbres: nous entretenons avec eux des liens assymétriques. Philippe Meirieu ignore absolument tout de mon existence alors que je puis, sans exagération, affirmer qu’il a marqué mon histoire personnelle. Autorité indéniable de mes études en sciences de l’éducation, mais aussi cause indirecte d’un de mes plus cuisants échecs pédagogiques: ayant reçu transitoirement la responsabilité d’assurer auprès d’un parterre d’étudiant avides de connaissances un cours jusqu’à l’avant veille (ou presque) incarné par l’illustre Pr. Meirieu. Imaginez seulement leur déception en me voyant, moi, tout juste plus diplômée qu’eux.

Bref, écrire ici une chronique, où je manifesterais tant mon accord que mon désaccord, relève donc en large partie de la transgression. Transgression au regard de l’autorité évidente que confère à Philippe Meirieu le succès de ses écrits, et aussi transgression au regard de la communauté scientifique dont je suis – du point partiellement – issue.

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Le soja est-il sûr pour l’alimentation des enfants?

Résumé: 

Le soja est un aliment consommé depuis plusieurs millénaires en Asie et a aujourd’hui une place importante dans l’alimentation végane. Pour autant, il reste assez controversé, d’abord en raison des nombreuses modifications génétiques dont il a fait l’objet mais aussi pour de potentiels effets hormonaux qu’il pourrait induire en tant qu’aliment riche en phytoestrogènes. En 2014, le British Journal of Nutrition a consacré une importante revue de littérature avec méta-analyse à l’étude du devenir à court et long terme des enfants alimentés dans leurs premières années de vie par des préparations infantiles à base de soja. Dans cet article, je résume et commente les résultats de cette publication qui se veut plutôt rassurante mais n’en note pas moins la nécessité de distinguer la consommation de soja industriel dans le cadre de l’agro-alimentaire de la consommation de soja issu de l’agriculture biologique sous des formes proches des formes consommées traditionnellement depuis des siècles : si la méfiance est de mise pour la première, la seconde en revanche, introduite ponctuellement dans le cadre de la diversification alimentaire, semble parfaitement sécuritaire même pour les jeunes enfants.

Le texte intégral de cet article peut être consulté dans le n°55 de novembre 2015 du magazine Grandir Autrement. Vous pouvez aussi me contacter par mail pour plus de renseignements.

Crédits photo COM SALUD