Ce que les enfants veulent que leurs enseignants sachent

La rentrée c’est un peu un rituel (je reviendrai d’ailleurs très bientôt par ici sur mon récent article sur Slate traitant de cette question). D’ailleurs, il me semble qu’à peu près tout le monde ayant été scolarisé est capable de dire comment commence chaque première heure de cours au collège et lycée: L’enseignant inscrit son nom au tableau, dit parfois un mot du programme, précise le matériel dont il faut disposer et rappelle que « cette année, c’est du sérieux ». Et puis tôt ou tard, il annonce qu’il va falloir remplir une fiche. Quand j’étais enfant, j’aimais plutôt bien ça. D’abord parce que ce rituel jouait parfaitement son rôle, à savoir celui de me permettre de me détendre un peu, stressée que j’étais le jour de la rentrée. Et ensuite parce que ça me permettait, selon les informations demandées par les enseignants, de les cerner un tant soit peu.

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Voilà comment on accouchait autrefois

Chose promise, chose due. Voilà quelques réflexions plus approfondies sur les drôles d’illustrations que je vous avais montré il y a quelques jours. L’occasion de replacer un peu ces images dans leur contexte, celui d’un livre non scientifique, nourri de rumeurs anthropologiques et très imprégné du mythe colonial du « bon sauvage ». L’occasion aussi de rappeler que l’accouchement « physiologique » tel qu’il peut être défendu aujourd’hui n’a rien à voir avec un accouchement « du passé », l’interventionnisme devant la naissance n’étant pas (du tout) l’apanage de la médecine moderne et des cultures occidentales. Merci encore à 10 lunes, sage-femme que l’on ne présente plus sur le net, pour ses conseils et remarques avisées.

L’article intégral peut être consulté sur Slate.

Crédits photo Internet Book Archive Image via Flickr CC (pas de restriction connue du droit d’auteur)

Les enfants non baptisés ont-ils droit au paradis?

Résumé: 

Si aujourd’hui, les parents dont le bébé décède aux alentours de la naissance ont besoin pour faire leur deuil de faire reconnaître sa courte existence par le biais de rites d’insertion sociale tels que l’attribution d’un prénom, l’octroi d’une sépulture et la réalisation d’une cérémonie ; les parents d’hier vivaient dans la terreur que leur enfant décède sans être baptisé et soit alors condamné à errer dans les limbes, un non-lieu destiné aux âmes innocentes mais pourtant marquées du péché originel. Dans cet article, je retrace l’histoire des limbes, de leur création par les théologiens du XIIème siècle à son abrogation officielle, en 2007 seulement, par l’Eglise catholique.

Article à lire en intégralité sur Slate

 Crédits photo

Au tour des pères d’en baver pendant la grossesse

Résumé: 

L’idée commune veut que la grossesse soit d’abord une affaire de femme. Si son suivi médical implique les pères, c’est plus souvent pour prévenir un potentiel désengagement et favoriser le lien d’attachement que par nécessité médicale. Pourtant, il n’en a pas toujours été ainsi (et n’en sera sans doute pas toujours ainsi non plus!). Par un détour historique et ethnologique, je montre que les pères ont souvent été partie prenante du bon déroulement des grossesses, parfois eux-même soumis à des règles de conduites ou des restrictions alimentaires telles qu’elles s’appliquent essentiellement aujourd’hui en France aux femmes. Je montre aussi comment la recherche du risque zéro pourrait bien dans les années à venir générer pour les futurs pères de nouvelles exigences sanitaires et comportementales pour faire plus que jamais le plus beau des bébés.

Article à lire en intégralité sur Slate.

Crédits photos Mag B.

La longue et créative histoire de la contraception féminine

Résumé:

On pense souvent que les femmes ont acquis la possibilité de contrôler leur fertilité du jour au lendemain dans le courant des années 1960-1970. C’est en réalité une perspective assez réductrice, les femmes n’ayant pas attendu que le législateur les y autorise pour limiter les grossesses et y mettre un terme lorsqu’elles étaient non souhaitées. Dans cet article je fais le point sur les méthodes de contraception depuis l’Antiquité et discute de leur efficacité. J’y évoque aussi une période de l’histoire trop méconnue, précédant de peu la dépénalisation de l’avortement, où des militant-e-s avaient entrepris de « libérer » l’avortement: c’est à dire d’acquérir la technique de l’avortement « Karman », une méthode simple et sécuritaire, et de la diffuser le plus largement possible, y compris parmi les non-médecins. Le droit des femmes à l’autogestion contraceptive et gynécologique sera-t-elle alors la prochaine lutte féministe?

Article à lire en intégralité sur Slate

Crédit photo JeanneMenjoulet&Cie

Avorter en 1976

Enfant des années 80, femme des années 2000, j’ai grandi dans un monde où « test de grossesse » signifiait « faire pipi sur un bâtonnet » (et non pas tuer des grenouilles), où on prenait la pilule après avoir été passer main dans la main un test HIV avec son copain (génération SIDA oblige), et où l’avortement était avant tout considéré comme un droit inaliénable des femmes.

Dans le monde où j’ai grandi, 1975 représentait la date de notre libération pour nous, les femmes. 1975, c’était l’année durant laquelle est entrée en vigueur à titre d’expérimentation la loi Veil dépénalisant l’avortement. On revoit le discours solennel de Simone Veil plaidant la cause des femmes devant une assemblée d’hommes, démontant les arguments moralistes et réactionnaires par l’urgence sanitaire des avortements clandestins, par l’ampleur de la demande et par l’hypocrisie du système de l’époque face aux avortements.

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Nous sommes tous des enfants-rois

Le thème de « l’enfant-roi » est inépuisable: pas une semaine sans qu’une revue ou une émission nous mette en garde contre cette gangrène prétendument née au siècle des Lumières lorsque « l’enfant » aurait commencé à être considéré autrement qu’un petit animal inachevé et bon à rien (vous reconnaîtrez peut être au travers de mes mots un grossier résumé de l’hypothèse de Philippe Ariès, développée dans son célèbre ouvrage L’enfant et la vie familiale sous l’Ancien Régime, depuis souvent remise en questions comme ici par exemple), et qui aurait surtout ravagé la société après mai 68 où la jeunesse, après avoir bruyamment réclamé son droit à choisir elle-même son existence (et puis quoi encore?), se serait mis en tête de se reproduire en faisant siennes les thèses de Dolto (selon laquelle « L’enfant est une personne ») sacrant par là-même l’enfant roi (et plongeant du même coup le reste de la société dans le chaos).

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Mes questions sur l’origine de la sainte puériculture

Il y a quelques semaines, La Mère Joie se désolait sur le sort de ces pauvres jeunes mamans (et sur leur multiplication épidémique sur la blogosphère), je cite, « le nez dans le guidon, en manque de repères et parfois d’esprit critique, noyées sous les flots d’informations d’humour et de relativisation » qui font de leur blog rien de moins qu’un mini traité de puériculture, et qui pourraient sans nul doute être de meilleures mères si toutefois elles mettaient un peu moins d’énergie à conspuer leurs voisines respectives, et un peu plus, à aimer leur enfant avec moins de technique et plus de bon sens… (LMJ, tu as le droit de gueuler si tu trouves mon résumé trop cavalier!!!)

J’avoue que cet article m’a donné à réfléchir, d’abord parce que moi aussi j’ai été une jeune maman paumée qui s’est demandé comment elle (et son rejeton) survivrait dans la jungle hostile sans thermomètre à embout flexible, ou coussin ergonomique spécial tête ronde…qui tremblait fébrilement à l’idée d’oublier ne serait-ce qu’une étape de la cérémonie du bain… et qui aurait tout aussi bien pu, sans réfléchir une seconde, taper sur Google la requête: « A partir de quel âge peut-on amener un bébé dans un supermarché… ». 

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