Maman fait du gâteau, papa passe l’aspiro

Ça fait un petit moment que j’attendais de trouver le temps de vous parler du dernier bouquin de Christine Castelain Meunier que j’ai reçu il y a quelques temps pour la bibli des VI et qui s’appelle Le Ménage: la fée, la sorcière et l’homme nouveau.

Pour mémoire, Christine Castelain Meunier était une de nos invitées des Rencontres annuelles 2013 des Vendredis Intellos où nous l’avions notamment sollicitée pour venir nous parler du partage des rôles éducatifs (au sens large) entre père et mère et de la façon dont ces rôles avaient évolué ces dernières décennies.

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Dico des filles 2014: on a du pain sur la planche!

Lorsque j’ai reçu le Dico des filles 2014 pour la bibli des VI, je savais déjà que ce bouquin ne me plairait pas… mais je pensais néanmoins être en mesure de le chroniquer d’une façon constructive, qui mette en lumière les aspects positifs et négatifs, les éléments avec lesquels je ne me sentais ou pas en accord. En règle générale, j’aime me confronter aux opinions contradictoires, aux points de vue divers, j’aime l’idée que tous puissent cohabiter dans le respect les uns des autres…

Certes la probabilité de trouver un point de vue progressiste dans ce bouquin édité par les très sexistes  Editions Fleurus de près de 500 pages d’un doux papier glacé, entièrement pailleté était maigre, très maigre. Mais je ne m’attendais pas y trouver ce que j’y ai trouvé.

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Les bébés sont extraordinaires

Quand j’avais 16 ans et que je réfléchissais à un projet professionnel, je me voyais monter un laboratoire pluridisciplinaire réunissant psychologues, philosophes, gens de lettres, biologistes, médecins et même des théologiens, dans le but de découvrir la « vraie » nature des sentiments et des émotions. Je voulais savoir ce qu’il se passait dans mon cerveau lorsque j’étais heureuse, triste, amoureuse, surprise mais aussi caractériser des ressentis plus subtils tels que: la connaissance, l’intuition, l’angoisse existentielle… Je voulais croiser les descriptions disponibles dans tous les champs disciplinaires qui s’étaient intéressés à ces questions dans le but d’en produire une synthèse, la plus pertinente et efficace qui soit.

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Il ne faut jamais lâcher la main de l’enfant qu’on a été*

* Cervantès

Je n’ai réalisé que très récemment, et avec beaucoup d’amertume, que j’avais finalement grandi. Non que j’ai douté un seul instant étant enfant que je prendrai un jour forme adulte, mais j’espérai secrètement que mon coeur et mon esprit reste celui que je fréquentais de toute éternité, c’est à dire celui d’un enfant.

Plusieurs indices m’ont mis la puce à l’oreille.

D’abord, je suis désormais une piètre partenaire à « Tout ce qu’on veut »  (c’est le nom par lequel mes affreux ont baptisé le jeu qui consiste à se prétendre qui on veut, dans le monde qu’on veut pour y faire ce qu’on veut), le genre à vouloir toujours tout commander sans pour autant vraiment y croire. L’an dernier, alors que nous étions coincés dans la voiture à attendre que MrD revienne d’une petite course, j’ai proposé aux affreux: « On dirait qu’on était dans une fusée qui partirait vers la lune, et ce sera toi, Petit Monstre Heureux, notre capitaine de vaisseau ». Les affreux ont piaffé de bonheur, ont mis les gazs et nous voilà partis. Malheureusement, le ciel étoilé n’est pas apparu pour moi aussi nettement qu’autrefois, la transformation des passants en honnêtes luniens était déplorable et aucune angoisse ne m’étreint alors même que la terre prenait pour nous la dimension d’une orange (d’où d’ailleurs la formule: la terre bleue comme une orange).

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Mieux comprendre pour mieux accoucher

Quand j’attendais l’Anté-pré-ado, j’avais une très haute idée de ce que pouvait être une préparation à la naissance digne de ce nom, on m’avait d’ailleurs recommandé une sage-femme aux petits oignons et j’avais grand hâte de commencer les séances…. c’était sans compter la menace d’accouchement prématuré qui m’assigna à canapé dès le 5ème mois de grossesse et m’interdit donc de me faire des copines baleines, de sophrologiser et de prendre conscience de mon périnée. En guise de préparation à l’accouchement, j’eus donc droit à un abrégé d’obstétrique dispensé en un temps record par la sage-femme chargée de me faire les monitoring à domicile (qu’en tant que seul être vivant que je croisais régulièrement en dehors de MrD, je ne remercierai jamais assez): je savais quoi mettre dans mon trousseau de maternité, je savais inspirer-bloquer-pousser, et je savais qu’une curieuse malédiction voulait que les bébés ayant le dos à gauche du ventre de la maman naissaient plus facilement que leurs copains droitiers (mais je n’ai jamais eu l’occasion de vérifier si cela avait un lien avec le choix du sens de vissage des robinets), en deux mots j’étais bonne pour le service!

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Hey teachers! Leave them kids alone!

Voici comment un simple bouquin reçu pour la Bibli des VI me replongea en moins de temps qu’il faut pour le dire dans mes questionnements de lycéenne…qui auguraient fort bien -même si je l’ignorai à l’époque- la suite de mon errance intellectuelle.

A cette époque là, j’écoutais intensivement les Pink Floyd (non d’abord parce que j’étais sensible à leur génie musical mais avant tout parce que j’avais un mec à draguer, MrD en l’occurrence) et comme je n’étais pas capable de m’intéresser à quelque chose sans virer à l’obsession j’avais entrepris la traduction de l’intégralité des chansons de leur répertoire (ce qui me fit incommensurablement plus progresser en anglais que n’importe quel manuel poussiéreux qui faisait invariablement du Melting Pot son hors d’oeuvre, de Shakespeare son plat de résistance, le tout saupoudré d’un peu de Malcolm X et de Ellis Island avant de finir par la douceur ensoleillée des Wetbacks.)

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La prise au sein et autres clés de l’allaitement réussi

L’ouvrage s’ouvre sur un constat des plus justes: pour un allaitement réussi, mieux vaut bien commencer.

A ce titre, les auteurs (dont le Dr Jack Newman, dieu-ou-presque de l’allaitement qui a grandement motivé mon désir de lire ce bouquin) font un certain nombre de préconisations: minimisation de la prise de médicaments durant le travail, peau à peau immédiat dès la naissance, pas de tétine ni de biberons, etc… Sur le coup, je me suis dit: c’est bien beau tout ça, mais beaucoup de mères ne sont souvent pas en mesure de pouvoir suivre ces préconisations, alors quoi, pour elles c’est foutu dès le début?? L’alchimie de l’allaitement serait-elle à ce point sensible et précaire que la moindre entorse au scénario parfait pourrait le compromettre ??

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Un A est-ce vraiment plus abstrait qu’un caméléon?

Apprendre à lire en famille de Marlène Martin, voici un titre qui a immédiatement fait surgir en moi une foule de souvenirs…

J’ai longtemps cru que la lecture était un truc un peu magique, comme faire du vélo ou marcher sur des échasses: la veille tu n’y arrives pas, tu ne comprends même pas réellement ce qu’on te demande, et puis le lendemain tu SAIS et jamais plus tu n’oublieras… tu n’arrives même plus à ne pas y arriver… Ayant appris à lire bien avant le CP, je n’ai jamais trop compris à quoi pouvait servir les lentes énumérations de sons qu’épinglait consciencieusement ma maîtresse sur les murs de la classe, je passais donc le plus clair de mon temps à voler en pensées avec les pigeons de la cour tout en culpabilisant d’être une élève si peu attentive…

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Accoucher par soi-même

Voilà le titre pour le moins détonnant de ma lecture du jour.

A première vue, voilà de quoi faire monter au créneau tant les partisans de la technicisation de la naissance et ceux de la prise en compte des potentialités de la physiologie…

Et ce, d’autant plus que l’ouvrage,sous-titré « Guide de la naissance non assistée » ne cache en rien son objet: il s’agit clairement pour lui d’évoquer le cas de ces femmes qui décident de mettre leur enfant au monde sans quelconque forme de présence médicale.

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