Les deux visages de la modernité

Quasiment un an jour pour jour après sa vomitive tribune dans Le Monde, Odile Buisson, qui a bien compris le potentiel buzzatoire de sa prose anti-sage femme, enfonce le clou (et engrange des sous) avec la publication d’un livre censé ouvrir les yeux (remplis de méconium) et les oreilles (abreuvées de chants mayas) des pauvres animaux décérébrés en quête de maître à penser que sont les FEMMES.

Tout Buzz attirant les charognards, c’est donc bien naturellement que la Presse – selon une recette testée et approuvée par l’Express – s’est dépêchée d’ouvrir ses colonnes à ce qui ne manquera pas de faire parler d’eux, pour le meilleur et surtout pour le pire (parce qu’il paraît que ça buzze mieux).

Cette fois-ci c’est Charlie Hebdo, le journal qui maîtrise l’art d’accommoder bites et culs à toutes les sauces (en réalité, Charb est atteint de la forme non verbale du syndrome Gilles de la Tourette… mais chuuuuuut c’est un scoop!), qui n’a su résister aux trompettes de la renommée (où est donc passé le cher compagnon de mon adolescence??!!!) et a prié Odile de venir présenter son Ôdilité (et se donner ainsi l’occasion de s’entraîner un peu à dessiner des vagins, ce qu’ils font tout de même très médiocrement je dois dire).

Ayant déjà usé mon clavier l’an dernier pour tenter de démontrer à ma façon que de la même façon que l’agriculture bio, ce n’était pas de l’agriculture traditionnelle sans pesticide; l’accouchement naturel, ce n’est pas l’accouchement traditionnel mais sans péridurale, je vous ferai donc grâce de mon laïus cette année même si force est de constater qu’envisager que la pointe de la technologie (c’est à dire dans le cas qui nous intéresse: la compréhension et l’optimisation de la physiologie de l’accouchement) ne passe pas (forcément) par la technologie de pointe semble toujours un tour de force cognitif, une transgression, voire un quasi-blasphème au Dieu-progrès que – dans notre vision si bien héritée de la révolution industrielle et de la société de consommation- nous nous représentons avec le Surfoetus dans une main et une puce RDIF dans l’autre.

Odile Buisson y dénonce donc « l’industrialisation de la santé »sur un vague air d’anticapitalisme (histoire de coller au lectorat de l’hebdo), et Charlie d’invoquer Charlot avec cette image ô combien évocatrice détournée du film les Temps Modernes.

Et elle a raison Odile!!!
Nous aussi sommes CONTRE l’industrialisation de la santé et de la naissance!!
Ce que je n’arrive pas à m’expliquer, c’est POURQUOI elle voit de l’industrialisation dans la pratique des sages-femmes et dans la création des maisons de naissance (dont je rappelle le slogan depuis maintes et maintes années: 1 femme, 1 sage-femme)… soit précisément là où le but est d’endiguer l’industrialisation de la santé telle que l’ont amorcé ces nouveaux supermarchés de l’accouchement présentés comme le fleuron de l’obstétrique.
Car de l’industrialisation, il y en a bel et bien, mais pas là où Odile le prétend.
Pour mémoire, je vous remets ici le spot réalisé par Amnesty International (oui, vous avez bien lu, ceux qui luttent contre toutes les formes de violences).
[attention, la vidéo met assez mal à l’aise… surtout si on a vécu un accouchement très médicalisé qui s’est pas hyper bien passé]
Sale temps pour les femmes, comme dirait Odile.
Article initialement publié sur feu le blog de la Famille Déjantée. Crédits photo Frédéric Bisson
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