5 minutes pour éviter de se fâcher avec la Terre entière en devenant parent #1 Les Conseils de puériculture

Ça faisait longtemps que j’avais envie de tenter la réalisation d’une petite vidéo. Alors évidemment, il y a plein de petits couacs, de trucs à améliorer (vos remarques sont d’ailleurs les bienvenues!), mais je me suis drôlement bien amusée! L’épisode deux portera sur les papas, et il est presque déjà écrit!

Et sinon, pour les lyonnais-e-s, villeurbannais-e-s et habitants des environs qui auraient envie d’échanger dans le cadre convivial de l’association La Cause des Parents, une soirée débat est organisée mercredi soir autour du livre (et de toutes les « questions qui fâchent » de la parentalité) ! La pédiatre et autrice Marie Thirion sera également présente! Tous les détails, c’est par là!

Comment éviter de se fâcher avec la Terre entière en devenant parent? J-3!!!!!

Voici donc la question qui a occupé mes nuits, mes week-ends et mes vacances depuis près de 2 ans (en vérité, je l’approfondis bon gré mal gré depuis près de 15 ans et la naissance de mon aîné mais chuuuuutt).

Quoiqu’il en soit il m’a tout de même fallu 2 ans de travail et la complicité de mon amie Amandine Johais pour coucher sur le papier toutes ces réflexions et recherches bibliographiques et accoucher de ce dernier bébé (21,6 cm, 534 grammes, oui, j’ai mesuré!). Je vous ferai grâce des détails de cette naissance qui, quoique moins humide que les 5 précédents, pourrait non moins (sinon plus) heurter la sensibilité des âmes innocentes.

Bref, 342 pages pour passer en revue neuf des très nombreuses « questions qui fâchent » de la parentalité, qui commencent avant même l’arrivée de l’enfant et se poursuivent jusqu’à son entrée dans l’âge adulte.

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Vulgariser la parentalité

Vous avez été nombreux-ses à me le demander: voici donc ci-dessous la reproduction du texte que j’ai eu la chance de pouvoir publier sur La Tribune de Lyon!!!

Demain, je vous en dirai plus sur la sortie très très prochaine de mon dernier bébé de papier « Comment éviter de se fâcher avec la Terre entière en devenant parent« !

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Quand Marie booste ta connexion

Cela fait presqu’un an que Marie Gervais m’a envoyé son dernier né de papier. Honte à moi. Il faut dire que j’ai passé ces derniers mois le nez dans les bouquins pour pondre le mien (de dernier né) que vous découvrirez au printemps prochain. Mon manuscrit rendu, je reprends donc doucement le cours des activités laissées en suspend : découvrir le livre de Marie a été un de mes premiers petits plaisirs, une des premières lectures récréatives que je me suis offerte après ces mois d’ascèse. Car oui, Marie et moi avons beaucoup en commun: le goût des livres et des idées, mais aussi un regard éducatif résolument optimiste, où les bonheurs simples et l’enchantement du présent sont des nourritures quotidiennes.

Marie a le chic pour écrire des livres inclassables: Vous pensez consulter un livre d’activités familiales en pleine nature, vous découvrez en sus un livre de pédagogie, de développement personnel, un guide touristique, un essai militant, un manuel de loisirs créatifs, un guide de la nature, et un livre de photo. Rien que ça!  Un de ces ouvrages précédents m’avait déjà stupéfaite dans ce registre, mais celui là n’a rien à lui envier!

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Mais alors de quoi parle-t-il? Dans ce livre intitulé La famille buissonnière (inutile de vous dire que je suis aussi fan du titre!), Marie nous annonce tout de go qu’elle va nous aider à nous reconnecter à la nature, et donc à devenir une « famille buissonnière ». Pour la citadine que je suis, qui n’arrive toujours pas à manger les girolles qu’elle trouve en forêt, qui a horreur de dormir sous une tente, et qui n’est pas tout à fait sûre qu’elle pourrait réellement survivre plus de trois jours sans connexion Internet… je me suis dit « oulala, c’est pas gagné! ». Mais la magie de Marie Gervais a vite opéré et de pages en pages, on se surprend à dire « Mais ça je le fais déjà! » …. « Mais ça, ce serait pas très compliqué à essayer! » et finalement… « Mais ça, je veux absolument le tester!!!!! ».

Les partis pris du livre que j’ai vraiment appréciés: Dans ce livre, Marie Gervais évoque des questions qui me semblent aujourd’hui absolument centrales dans l’éducation des enfants et pour l’épanouissement des adultes-parents, et qui me semblent assez largement sous-traitée dans le discours public.

La première d’entre elle est celle de l’espace de liberté offert aux enfants, de la place qui leur est accordée dans un espace public d’abord modelé par les besoins des adultes masculins, valides et professionnellement actifs (j’en ai déjà parlé ici) et évidemment des relations de domination âgiste (c’est à dire liées à l’âge) que celle-ci révèle.

La seconde est la question de la façon dont on vit le quotidien avec les enfants: plutôt dans l’urgence, terrassés par la fatigue et le travail en retard ; ou plutôt dans ce qui est aujourd’hui appelé la « pleine conscience » (même si cela ne veut pas dire qu’on pète le feu). Le mot peut sembler ésotérique car il est inspiré de la pratique méditative, il n’en traduit pas moins un concept relativement banal, que l’on retrouve dans la formule Carpe diem: profiter de l’instant qui nous est offert, et s’il n’est pas parfaitement confortable, écouter ses sensations comme une manifestation du fait que nous soyons vivants. Je sais ce que vous pensez: que ce sont des concepts complètement perchés, de bobos-alternatifs qui n’ont rien d’autre à faire de leur vie. Pourtant, je pense pouvoir dire sans me tromper que s’offrir de petits moments comme cela, même si on ne peut pas toujours vivre ainsi, constitue un peu du sel de la vie. Faire un câlin à son enfant en choisissant d’oublier momentanément la vaisselle en retard, la voiture à faire réparer, ou la liste des mails professionnels à traiter, en pensant juste à la chance que nous avons qu’une personne aussi formidable que lui/elle ait eu envie de partager ce moment avec nous, ça ne coûte rien mais ça remplit beaucoup. Car de cela peut naître un autre rapport à notre environnement et qui fait l’essence même de la transformation, ou plutôt de la prise de conscience, que nous propose Marie. Je me souviens d’une époque où les trajets pour revenir de l’école avec mes enfants étaient très pénibles: enfants fatigués, qui n’avaient plus envie de marcher, qui avaient accumulé tensions et anxiété durant toute la journée. Les crises de colère se succédaient: j’avais mal choisi le goûter, ils ne voulaient pas porter leurs manteaux, ils ne voulaient pas rentrer, ils ne voulaient pas rester. J’appréhendais beaucoup ce moment, et sans doute eux aussi. Et puis un jour, il y a eu un énorme orage, exactement au moment où ils sont sortis de l’école. Dans ma tête, je me suis dit: « ça va être l’horreur ». Et en réalité, c’est le contraire qui s’est produit. Personne n’était habillé pour la pluie, on était ruisselants, dégoulinants, les chaussures étaient si trempées qu’on pouvait sauter dans les flaques sans rien aggraver. Ils se sont mis à chanter à tue-tête pour couvrir le tonnerre, et à courir en rigolant. On a bu de la pluie, on a admiré les gouttières déborder de toutes part. Et quand on est entré, le bain chaud habituellement honni a été acclamé. Jamais on est rentrés aussi vite et aussi heureux. Si j’en crois Marie, c’est ainsi que l’on devient une famille buissonnière.

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Le dernier positionnement que j’ai retenu, et qui est directement lié aux deux autres, c’est le devoir des parents d’apprendre à leurs enfants le risque et la transgression. Oui, parfaitement. A l’heure on ne cesse de parler de l’apprentissage des « règles » et des « limites », de ne jurer que par le « risque zéro », il est tant que nous nous posions la question de ce que nous voulons VRAIMENT pour nos enfants. D’une vie aseptisée dans une prison dorée, ou d’une existence parfois douce, parfois piquante mais pleine de couleurs et de saveurs. Je me souviens de cette fois où j’avais confié un couteau à mon fils de 6 ans, il m’a demandé: « Est-ce que tu me laisses l’utiliser parce que tu t’en fiches que je me fasse mal? ». Je lui ai réponds: « Je te laisse l’utiliser parce que je t’ai appris comment éviter de te couper, mais que si tu te coupes, ce ne sera pas grave ». Non, ce n’est pas « grave » de brûler le bout du doigt, de s’écorcher un genou, de se couper une mèche de cheveux, de salir ses habits ou de les déchirer. Ce qui est très grave en revanche, c’est de croire qu’il est grave de vivre cela au point de ne plus oser bouger (je parle en connaissance de cause!). Dans son livre, Marie fait donc une liste délicieuse des « petits bobos qui font grandir les enfants » parmi lesquels on retrouve: « perdre de vue ses parents (juste un moment), se coller un chewing gum dans les cheveux, tomber dans la gadoue, se faire griffer par les ronces en cueillant des mûres, se retrouvé enfermé dans les toilettes par inadvertance (pas trop longtemps)« . Suivie d’une autre liste tout aussi délicieuse des « sensations fortes à vivre avant d’être grand » (les grands, ne vous en faites pas, un rattrapage est toujours possible!) comme par exemple: « passer une nuit à la belle étoile, faire l’ange dans la neige, voir le soleil se lever sur l’horizon, manger dans le noir (sans connaître le menu), poser la langue sur un pile, hurler à pleins poumons dans un endroit désert« .

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Les partis pris du livre que j’ai moins appréciés: Il n’y en a guère, il faut bien avouer! Le seul petit bémol que mettrait la geek que je suis, c’est peut être de ne pas souscrire autant que Marie à l’opposition nature/culture. Je ne fais pas partie des parents qui pensent que « les écrans » dans l’absolu, sont nocifs ; que les réseaux « sociaux » ne sont affaire que mises en scène égocentriques et exhibitionnistes; que les enfants d’aujourd’hui sont des « zappeurs » perpétuellement insatisfaits qui désirent sans cesse de nouveaux objets pour combler le vide affectif et spirituel de leurs vies surmenées. Marie ne va pas jusque là (elle aussi a son petit côté geek!) ! Mais son discours s’ancre non moins dans l’idée de rompre avec cette « connexion » artificielle de la société contemporaine et numérique pour restaurer la « connexion » naturelle avec notre environnement, celui-là même qui serait nécessaire à l’épanouissement de l’individu et au respect des écosystèmes.

« Le constat est clair: notre société nous pousse à passer de plus en plus de temps à l’intérieur, loin de la nature, et nous commençons en retour à développer ce qu’on appelle aujourd’hui « les maladies du XXIème siècle »: diabète, obésité, hypertension, maladies cardio-vasculaires, hyperactivité avec déficits de l’attention, myopie, asthme, dépression, burnout ; quand aux enfants, on constate de plus en plus de retards de développement moteur, cognitif ou social. Mais si les symptômes sont très graves, les solutions peuvent être très simples: recréer un lien avec la nature! »

Pour moi, la technologie n’empêche pas cela, à condition qu’on sache l’utiliser à bon escient, à condition qu’on sache l’intégrer dans l’ensemble des autres activités dont nous avons besoin pour nous sentir bien. Je me souviens comment nous avions « enchanté » les départs à l’école durant toute une saison grâce à une application qui suit en temps réel le trajet des avions. Tous les matins, le chemin de l’école croisait celui d’un couloir aérien que nous connaissions bien: croiserions-nous le « Paris-Zurich »? le « Berlin-Barcelone »?  A quelle hauteur volent ces avions? A quelle vitesse? L’occasion d’utiliser la boussole que je garde toujours accrochée à mon porte-clés pour bien s’orienter et aussi de voyager par la pensée… Dans un genre différent, l’application « Pl@ntnet » accompagne toutes nos sorties, elle permet de retrouver le nom des végétaux à partir d’une simple photo et d’enrichir du même coup la banque d’image de la communauté. Les exemples pourraient encore être très nombreux, et Marie connaît bien leur potentiel créatif, mais il me semble nécessaire de sortir de cette dichotomie nature/culture et d’une diabolisation a priori de la seconde. On ne le dira jamais assez: ce qui compte, ce n’est pas que la nature de l’outil, c’est la façon dont on l’utilise et les transferts qu’on est capables d’opérer pour les détourner au service de notre propre création (un jour, je vous raconterai comment en 2005 j’ai utilisé un logiciel de modélisation moléculaire pour faire des cartes heuristiques en sciences de l’éducation).

En guise de conclusion, quelques activités proposées par Marie qui m’ont vraiment accrochées! 

  • Faire plus souvent des journaux de voyage, même quand ce ne sont pas de « grands » voyages, agrémentés de photos d’une « mascotte » familiale (figurine, playmobil ou autre…) située dans les différents paysages.
  • Instaurer une soirée-jeu de société en famille une fois par mois.
  • Organiser un spectacle d’ombres chinoises derrière un grand drap
  • S’initier au light painting (ça j’en ai très très très très envie…!!!!)

…. et quelques bonnes résolutions

  • Continuer à les encourager à démonter les objets cassés
  • Continuer à leur apprendre à faire du feu, à tailler du bois, surtout lorsque ce sont des filles…
  • Remplacer notre binoculaire cassée…
  • Trouver une bonne grosse poutre dans l’appartement où fixer de quoi monter à la corde/une balançoire

 

Vous pouvez aussi retrouver Marie Gervais sur son blog www.education-creative.com

 

Crédits photo: B. Kammerer, tous droits réservés. 

Hommage aux grandes vacances et autres rites de rentrée

Je prends enfin le temps de vous faire un petit retour sur mes deux articles du mois de septembre publiés sur le média en ligne Slate. (En passant, n’hésitez pas à me donner votre avis sur ces minis-résumés que je publie ici. A savoir: si vous les trouvez intéressants, ou non, ayant une plus-value, ou non. Pour ma part, c’est évidemment l’occasion de réunir mes écrits mais aussi d’en dire un peu plus sur leur contexte, les questions qui les ont motivés, les réponses qu’ils m’ont fait découvrir, partager quelques anecdotes personnelles ou quelques lectures complémentaires)

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Ce que les enfants veulent que leurs enseignants sachent

La rentrée c’est un peu un rituel (je reviendrai d’ailleurs très bientôt par ici sur mon récent article sur Slate traitant de cette question). D’ailleurs, il me semble qu’à peu près tout le monde ayant été scolarisé est capable de dire comment commence chaque première heure de cours au collège et lycée: L’enseignant inscrit son nom au tableau, dit parfois un mot du programme, précise le matériel dont il faut disposer et rappelle que « cette année, c’est du sérieux ». Et puis tôt ou tard, il annonce qu’il va falloir remplir une fiche. Quand j’étais enfant, j’aimais plutôt bien ça. D’abord parce que ce rituel jouait parfaitement son rôle, à savoir celui de me permettre de me détendre un peu, stressée que j’étais le jour de la rentrée. Et ensuite parce que ça me permettait, selon les informations demandées par les enseignants, de les cerner un tant soit peu.

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Les folles inventions de la puériculture

Je ne crois pas qu’il existe un mot pour désigner la rêverie que procure la lecture aléatoire d’un dictionnaire ou d’une encyclopédie, sautant d’une entrée à l’autre, dans le plus grand mépris pour la recherche initiale. Cette activité a pourtant englouti un grand nombre d’heures de mon enfance… mais c’était sans compter l’avènement d’Internet, qui m’a permis de m’y adonner à l’échelle quasi-industrielle, voire, d’en faire (presque) mon métier. Aussi, à l’heure où les uns se promettent un bon bain, une bonne série, ou un bon gâteau pour se récompenser d’une dure journée de labeur, je me promets une session de rêverie exploratoire sur un moteur de recherche quelconque.

L’autre jour, c’est sur Google Patents que j’ai jeté mon dévolu, le moteur de recherche pour les brevets en anglais, avec le projet d’y trouver des trucs aussi surprenants que cette centrifugeuse à accoucher, censée faciliter la naissance des bébés (qui a valu à ses inventeurs d’être lauréats des Ig Nobel 1999).

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Y a-t-il une bonne méthode pour réagir aux pleurs d’un nourrisson?

Ahhhh, ça faisait longtemps qu’il me tardait de pouvoir aborder ce sujet, en particulier depuis que j’avais croisé dans le HuffPost cet article aussi horriblement culpabilisateur qu’incroyablement mal argumenté. Parce que la grande question scientifique à propos des pleurs de bébés, celle à laquelle il n’est pas facile de répondre, n’est pas de savoir si les enfants qu’on laisse pleurer tellement longtemps que cela en devient une maltraitance sont affectés durablement par cela, ça c’est une évidence désormais bien reconnue. Mais plutôt de savoir si il est sécuritaire de laisse pleurer un enfant quelques minutes, parce qu’on a besoin d’aller aux toilettes, parce qu’on sent ses nerfs au bord du craquage, parce que ça fait des heures qu’on berce et qu’on réconforte. Ou si au contraire ce petit moment de pleurs peut, même causer ne serait-ce qu’un dizième, un centième ou un millième des conséquences néfastes évoquées plus haut. Grossièrement dit: on a besoin de savoir si l’impact des pleurs augmentent proportionnellement avec leur durée et cela, sans valeur de seuil.

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Contrôler l’école à la maison: le point de vue d’un inspecteur de l’Education Nationale

Ça faisait longtemps que ce sujet me démangeait. Le magazine Grandir Autrement et son dossier spécial sur l’instruction en famille (IEF) du mois de juillet-août m’en ont donné l’occasion! J’entendais régulièrement des familles instruisant elles-mêmes leurs enfants dénoncer les contrôles de l’Education Nationale, le stress qu’ils occasionnaient pour les parents comme les enfants, la méfiance qu’il pouvait y avoir de part et d’autres, mais aussi l’important décalage entre la pédagogie que les familles tentaient de mettre en oeuvre (autant que possible exempte d’évaluations et de rapports à la performance notamment) et la façon dont les enfants étaient bien souvent « testés » et interrogés par l’institution sans que celle-ci en tienne compte. Mais de l’autre côté, plusieurs inspecteurs de l’Education Nationale m’assuraient que l’extrême majorité des contrôles de familles IEF se passait très bien et en bonne intelligence dans la collaboration famille-institution.

Comment expliquer ce gap? Les inspecteurs percevaient-ils le mal-être des familles? Comment le jugeaient-ils? Y remédiaient-ils (ou non)? Comment les inspecteurs voyaient-ils leur rôle auprès de ces familles? Dans quelles mesures se comportaient-ils avec les enseignants non professionnels qu’étaient les parents comme ils se comportent face à des enseignants professionnels ? Quel regard portaient-ils sur les innovations pédagogiques qu’essayent souvent d’expérimenter ces parents IEF? Autant de questions pour tenter de réunir deux univers que tout semble opposer et qui apparaissent d’autant plus importantes que les libertés d’instruire son enfant en dehors du cadre curriculaire fixé par l’Education Nationale sont en passe d’être restreintes.

Pour lire en intégralité mon interview de Jean Claude Séguy, inspecteur de l’éducation nationale sur le secteur de Vaulx en Velin en banlieue lyonnaise, c’est dans le numéro 59 de juillet-août 2016! Vous pouvez aussi me contacter pour plus de détails.

Les pères sont-ils des pédophiles en puissance?

Je prends enfin le temps de vous résumer ici mon dernier article paru sur Slate. A la base de cet article, une photographie que j’ai trouvé très belle et très vraie mais qui a non moins subi les affres de la censure de Facebook (essentiellement dans les pays anglos-saxons). Pourquoi? Parce qu’elle montre un enfant sous la douche, nu dans les bras de son père nu. Ça m’a donné l’occasion de m’interroger sur le regard qu’on portait aujourd’hui sur la nudité masculine (et ce, alors même que beaucoup de publicités pas particulièrement polémiques montrent des femmes nues portant des enfants nus dans leurs bras), sur ce que cela disait de notre façon d’envisager la paternité (plus sociale que « instinctive »?) mais aussi sur nos peurs plus ou moins conscientes des violence sexuelles. En recherchant des données précises, j’ai pu mesurer combien il était difficile d’obtenir des chiffres fiables concernant les violences sexuelles sur mineur, mais aussi combien ces chiffres, même partiels, étaient élevés et concernaient très majoritairement des agresseurs masculins. Dès lors on est tenté de se demander quoi faire? Faut-il, pour protéger les enfants, tenir les hommes à l’écart des enfants comme nous le faisons déjà en partie (songez au regard qu’on porte sur un homme qui aide au square un enfant à se relever, songez combien il est plus « normal » pour une mère d’avoir sa place dans les vestiaires des petits garçons pour les aider à se changer lors des séances de piscine scolaire plutôt qu’un père dans les vestiaires des filles)? Ou bien faut-il, sans pour autant oublier ce risque ni le minimiser, agir prioritairement pour lutter contre la culture du viol, les stéréotypes sexistes parentaux et aussi d’une façon plus générale pour le droit de l’enfant au respect?

L’article en intégralité est à lire sur Slate.

 

 

Crédits photo Internet archive Book image/Flickr/Pas de droits d’auteurs connus

(et toutes mes excuses aux loups, qui doivent encore une fois supporter d’endosser la métaphore de la barbarie humaine)